Zippo & Ben Eine, une toile non conventionnelle

24 janvier 2018, Londres – L’artiste londonien Ben Eine, également connu dans le monde de l’art comme « Eine », est un véritable maître des messages, qui peint de larges lettres et phrases, brillantes et colorées, sur les murs des villes à travers le monde, de Tokyo à Paris.

Depuis, Eine a fermement établi son propre style typographique, reconnu et célébré à l’échelle mondiale par de nombreux fans. Eine obtient une véritable reconnaissance en 2010, en voyant David Cameron offrir l’une de ses peintures à Barack Obama.

Aujourd’hui, Eine reçoit des commandes de gouvernements étrangers comme par exemple le Sheik d’Abu Dhabi. Son travail est présenté dans les plus grandes galeries d’art du monde. Il est un ambassadeur respecté du street art et a récemment collaboré au documentaire « Saving Banksy ».

Ces dernières années, Ben Eine a fait le choix de travailler avec quelques marques comme Virgin Airlines, The Body Shop et maintenant Zippo. Avec plus de 300,000 designs créés depuis 1932, le briquet Zippo est devenu une toile atypique pour l’art. Ce partenariat Zippo X Ben Eine célèbre l’art sous toutes ses formes.

Ben Eine

Quelques travaux remarquables

  • En 2010, Eine a orné les devantures de magasins de la Middlesex Street à Londres avec ses lettres signatures. Une année a été nécessaire pour transformer toute la rue en un alphabet géant. Aujourd’hui, cette rue est souvent appelée « La Rue de l’Alphabet » par les locaux.
  • L’œuvre « Twenty First Century City », réalisée par Ben Eine, a officiellement été offerte à Barack Obama par David Cameron lors de son premier voyage à Washington comme Premier Ministre.
  • L’œuvre « Vandalism », également réalisée par Ben Eine, a été peinte illégalement sur un mur. Cependant, l’artiste ayant reçu tellement de soutien qu’il a finalement été permis d’y peindre légalement. Ce mur est devenu une galerie extérieure pour les artistes où chacun peut venir s’exprimer.
  • L’œuvre « Scary » a été l’un de ses travaux permanent le plus long. Dix années ont été nécessaires et elle est toujours visible dans l’est de Londres, à Rivington Street.
Ben eine
Ben eine

(Crédits : Spraying Bricks, a Truman Brothers Company)

Q&A avec Ben Eine

Ben Eine

Q : Où avez-vous trouvé l’inspiration pour l’œuvre que vous avez créé avec Zippo ?
R : J’étais intrigué de découvrir comment Zippo avait pu créer 300 000 design différents au fil des années. J’aime le fait qu’un simple briquet soit devenu un véritable support non conventionnel pour l’art. Quand est venu le temps de la création, je me suis plongé dans tous les ouvrages déjà parus sur la marque pour m’aider à définir une palette de couleurs et j’y ai découvert que d’autres artistes avaient déjà utilisés les briquets Zippo comme une toile. Les designs sont vraiment très différents et cela me stimule. Cela m’a inspiré et m’a poussé à me concentrer sur le mot « CREATE », un hymne à la liberté d’expression, que chacun interprète à sa façon.

Q : Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec Zippo ?
R : En tant que street artiste, j’ai vu mon travail se créer et s’effacer au fil des années en se faisant recouvrir par d’autres ou s’éroder. J’aime l’idée de travailler avec un produit garanti à vie, un briquet Zippo est un endroit improbable où l’art peut être pérenne.

J’ai déjà possédé plusieurs briquets Zippo, j’étais donc très ouvert à l’idée de travailler avec la marque. À travers ce partenariat, j’ai redécouvert Zippo d’un point de vue artistique. Bien sûr, devoir créer la plus grande œuvre street art du monde était plutôt incroyable également !

Q : Quel était votre état d’esprit avant de commencer le projet, et quels étaient les plus grands challenges ?
R : La taille et l’échelle de l’œuvre ont été un réel challenge, mais je me sentais confiant et excité à l’idée de commencer. Trouver le bon endroit, le sécuriser et le nettoyer a été un réel exploit. Travailler sur le sol m’empêchait de voir correctement comment évoluait la peinture, ce qui est très différent de la manière dont je travaille habituellement. À la fin de chaque journée, nous pilotions un drone dans les airs pour voir à quoi ressemblait l’œuvre. Si quelque chose ne marchait pas, nous pouvions prendre des photographies et revenir le lendemain pour corriger. Il y a eu beaucoup de hauts et de bas, au départ c’était vraiment incertain.

Q : En quoi ce projet diffère-t-il des autres ?
R : Tout était plus grand. Chaque lettre devait mesurer 20 mètres de hauteur, ce qui donne une idée de l’échelle ! Les rouleaux quant à eux mesuraient 18 pouces (45,72 cm) de largeur, et la peinture a dû être mélangée dans des baignoires avant d’être livrée par camion. Normalement quand je travaille, je suis seul dans une voiture avec quelques bombes de peinture, mais pour ce projet, c’était un tout nouveau challenge : nous avions 15 barils de 200 litres de peinture livrés sur le site.

Q : Combien de temps la réalisation de cette peinture vous a-t-elle demandé ?
R : Nous avions estimé la réalisation du projet à 3 mois, en tenant compte de la recherche d’un lieu d’approvisionnement, nettoyer le site, trouver une équipe et tracer l’esquisse. En fin de compte, cela n’a pris que 2 semaines pour peindre du début jusqu’à la fin.

Q : Quels sont les plus gros challenges pour la création d’une œuvre street art ?
R : J’essaie de profiter de l’environnement autant que possible et de choisir des emplacements où mon art peut avoir assez de visibilité. Le cadre légal du street art peut sembler assez floue, mais en tant qu’artiste, je veux que mon travail soit visible aussi longtemps que possible, il est donc important de créer quelque chose qui ne soit pas un graffiti. Mon leitmotiv c’est de réussir à créer quelque chose qui rende le monde plus beau.

Q : Que ressentez-vous lorsque votre œuvre est effacée ou recouverte par un autre artiste ?
R : Cela fait partie du processus. J’ai grandi en faisant des graffitis donc tout ce que j’ai créé ces 30 dernières années a été effacé à l’exception de 5 peintures. Mon travail le plus remarquable est certainement mon œuvre « Scary » qui se trouve à l’extrémité de Shoreditch à Londres ; cela fait bientôt 10 ans qu’elle est là.

Q : Comment avez-vous développé votre technique ?
R : Mon art repose sur l’univers du graffiti que l’on voit dans les rues, dans les trains… J’ai voulu me différencier de certains artistes et j’ai décidé de faire évoluer ma façon de peindre : plus classique et contemporaine. J’ai évolué en passant de lettres illisibles que seuls les autres artistes pouvaient comprendre à quelque chose de plus accessible pour tous.

Q : Pourquoi avez-vous choisi un arrière-plan jaune pour ce briquet en édition limitée ?
R : J’aime le fait que cette couleur fasse ressortir toutes les autres. J’ai eu l’opportunité de pouvoir créer le design du briquet et je me suis dit, pourquoi pas ? Nous avons essayé plusieurs options mais celle-ci est celle qui nous a le plus convaincu.

Ben Eine

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